Notifier un licenciement par recommandé : les formes à respecter

Équipe envoyer-recommande.com

Publié le · 4 min de lecture

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Pour l'employeur, le formalisme du licenciement est plus strict encore que pour la démission : le congé moyennant préavis ne peut être notifié que par lettre recommandée ou exploit d'huissier, avec la mention du début et de la durée du préavis. Une remise de la lettre en main propre, valable pour une démission, ne l'est pas pour un licenciement.

Ce guide décrit les formes de l'article 37 de la loi du 3 juillet 1978, la mécanique des dates, l'obligation de motivation de la CCT n° 109 et les vérifications indispensables avant l'envoi.

Les formes imposées à l'employeur

  • Lettre recommandée : elle sort ses effets le troisième jour ouvrable suivant la date de son expédition. Le préavis prend cours le lundi suivant la semaine au cours de laquelle la notification a produit ses effets.
  • Exploit d'huissier : effet immédiat à la signification, utilisé quand le calendrier est critique ou le climat conflictuel.

L'écrit doit mentionner, à peine de nullité du préavis, le début et la durée du préavis. Un congé notifié sans ces mentions, ou par un canal non admis (email, remise en main propre), expose l'employeur au paiement d'une indemnité compensatoire de préavis.

Le calendrier du licenciement par recommandé

Comme pour la démission : expédié au plus tard le mercredi, le recommandé sort ses effets au plus tard le samedi (troisième jour ouvrable) et le préavis prend cours le lundi suivant. Expédié un jeudi ou un vendredi, il reporte la prise de cours d'une semaine, avec une semaine de rémunération supplémentaire à la clé.

La date d'expédition étant l'élément déclencheur, la preuve de dépôt du recommandé est la pièce centrale du dossier : conservez-la avec la copie de la lettre.

La motivation du licenciement (CCT n° 109)

La lettre de congé elle-même ne doit pas contenir les motifs (sauf licenciement pour motif grave, régime distinct et très formaliste). Mais le travailleur licencié peut demander les motifs concrets de son licenciement : la CCT n° 109 impose alors à l'employeur de les communiquer par écrit dans les deux mois de la demande, sous peine d'une amende civile de deux semaines de rémunération.

Un licenciement « manifestement déraisonnable » peut en outre donner lieu à une indemnité de 3 à 17 semaines de rémunération. Documentez les motifs réels du licenciement avant de notifier : évaluations, avertissements, éléments économiques.

Le cas particulier du motif grave

Le licenciement pour motif grave (sans préavis ni indemnité) obéit à un double délai de trois jours ouvrables : le congé doit être notifié dans les trois jours ouvrables de la connaissance des faits, puis les motifs précis notifiés dans les trois jours ouvrables du congé, par recommandé ou exploit d'huissier. Le non-respect de ce calendrier rend le motif grave irrégulier, quelle que soit la gravité des faits. Pour cette procédure, l'accompagnement par un professionnel est fortement recommandé ; le pli recommandé et sa traçabilité y jouent un rôle décisif.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions les plus courantes sur le sujet.

Puis-je remettre la lettre de licenciement en main propre ?

Non : la remise d'un écrit en main propre n'est admise que pour la démission du travailleur. L'employeur qui licencie moyennant préavis doit notifier par recommandé ou par exploit d'huissier, sous peine d'irrégularité du préavis.

Le travailleur refuse le recommandé : le licenciement est-il bloqué ?

Non. La notification par recommandé sort ses effets le troisième jour ouvrable suivant son expédition, que le pli soit retiré ou non. Le refus ou le non-retrait du pli ne protège pas le destinataire.

Faut-il indiquer le motif dans la lettre de congé ?

Non, sauf motif grave. La lettre de congé ordinaire mentionne le préavis (début et durée) sans motivation ; les motifs concrets sont communiqués si le travailleur les demande, dans le cadre de la CCT n° 109.

Que risque l'employeur en cas d'erreur de forme ?

Un préavis nul se résout en une indemnité compensatoire correspondant à la durée du préavis (ou au solde restant). S'y ajoutent, le cas échéant, l'amende civile de la CCT n° 109 et l'indemnité pour licenciement manifestement déraisonnable.

Sources et références

  • Article 37 de la loi du 3 juillet 1978: Notification du congé par l'employeur exclusivement par recommandé (effets le troisième jour ouvrable suivant l'expédition) ou exploit d'huissier, avec mention du début et de la durée du préavis.
  • Article 35 de la loi du 3 juillet 1978: Licenciement pour motif grave : double délai de trois jours ouvrables pour le congé et la notification des motifs.
  • CCT n° 109 du 12 février 2014: Motivation du licenciement à la demande du travailleur et indemnité pour licenciement manifestement déraisonnable.